Le yoga bien plus qu’un exercice physique

Il est essentiel de rappeler que le yoga a pour but de changer. Le yoga est au-delà d’un simple exercice physique, d’étirements des tissus conjonctifs, voire de contorsionniste. Le changement souhaité est de passer d’un état dispersé à un état d’union. Une pratique adaptée peut mener à cet état d’union et suppose l’étude et la maîtrise de son mental. Rien ne sert alors de se contorsionner dans tous les sens pour atteindre cet état. Cela limiterait le yoga aux personnes souples et sans aucun handicap, donc à une certaine forme d’élite. Sur le tapis, il ne s’agit pas de se préparer au Cirque du Soleil. Souvent, j’entends des personnes qui ne sentent rien à partir d’une posture simple car plus rien au niveau des muscles, des fascias, etc. n’est à résoudre pour eux dans la posture. Or la plus grande difficulté est justement de pouvoir observer le mental, ses agitations, de ressentir plus finement la circulation des fluides, le souffle, les battements du cœur, en se contentant de ne pas pousser encore le corps plus loin. Nous sommes dans une société où nombreuses sont les personnes qui, même dans le yoga, poussent leurs corps loin, en le brutalisant, en le dominant, en le cassant pour atteindre, à priori, un état d’union. Cependant, ceci dénote juste une source de souffrance, symbolisé par le fait, entre autre,s que je n’aime pas mon corps tel qu’il est et que j’ai peur de la mort. Bien sûr, cela fait plus de travail pour les ostéopathes, kinésithérapeutes, chiropracteurs qui réparent les blessures du yoga, mais bon… Finalement, l’une des postures les plus dures à faire et à refaire est savasana (posture finale du cours, allongé sur le sol). Dans savasana le pratiquant ne doit pas partir dans les fluctuations du mental. Il apprend à observer son corps, ses sensations, son souffle, tout en observant ce qui l’entoure sans analyse, ni jugement. Il peut alors atteindre l’état de samadhi: état où l’on se sent réuni, en harmonie avec les autres, la nature, tout l’univers. Il en va de même pour la posture assise de méditation. Savasana, le pranayama et la méditation me permettent cette étude et maîtrise de mon mental et je m’en sers dans mon quotidien. Si je fais un examen médical désagréable comme un IRM, j’en profite pour faire savasana et je ne suis plus en proie à mes peurs. Dans les moments très durs, comme en soins intensifs à l’hôpital, j’ai fait savasana et du pranayama (ici savoir faire le grand écart ne me servait à rien…) et cela m’a permis de gérer la douleur et de me connecter avec mes forces intérieures. Il m’a fallu du temps pour comprendre cela. Le yoga n’est pas à pratiquer seulement sur un tapis et à poster sur Instagram, le yoga va bien plus loin que le tapis…

 

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